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Ces poupées noires qui réinventent le monde

A la naissance, le bébé ne fait pas de différence entre son être et sa mère, tout ne fait qu’un pour lui. Il dépend totalement de celle-ci. Comme le reflet d’un miroir, le bébé voit en sa maman son “moi”. Avec le temps, l’autonomie s’installe, le miroir se brise. Tout au long de sa vie, il ne cessera de se construire et de forger sa personnalité. Dans ce processus, l’environnement et le milieu dans lesquels il évoluera joueront un rôle déterminant.

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Suis-je Barbie ?

La plupart des filles se souviennent de cette petite barbie qui a été le centre de leur monde durant l’enfance. Du haut de leurs 4 pommes, elles ont la certitude qu’elles aimeront toujours leur petite barbie, qu’elles la feront téter au lait comme maman lorsqu’elles seront grandes et qu’elles la dorloteront avec cette berceuse que mamie chante  si bien. Seulement, elle a toujours intrigué cette barbie : son teint, ses longs cheveux lisses ne leur ressemblent tellement pas et pourtant elle est si belle. N’empêche elles l’appellent Coumba ou Aya et s’identifient à elle. Ainsi, tout au long de l’enfance, la petite africaine associe la beauté à un standard qui n’est pas sien et aura tendance plus tard à attendre qu’un oeil extérieur valide ce qu’elle est réellement.

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“Sibahle”, nous sommes belles

Pour remédier à ce dysfonctionnement, 2 entrepreneures sud-africaines: Caroline Hlahla et Khulile Vilakazi-Ofosu ont conçu de magnifiques poupées noires pour aider les petites filles africaines à s’affirmer, se voir et se sentir belles. Ce sont des poupées habillées à l’africaine avec des cheveux crépus, afin qu’elles apprennent très tôt à démêler, hydrater, faire des « bontles » ou un afro puff sur leurs propres cheveux.

Caroline et Khulile ont créé en 2016 la collection “Sibahle” qui veut dire “nous sommes belles” en zoulou. Elle est composée de 6 poupées dont Neha une poupée indienne, Zuri une poupée albinos et Ndanaka une poupée atteinte de Vitiligo. Une belle leçon de diversité…

Les deux entrepreneures ont eu un énorme succès, une cliente raconte que sa fille s’est extasiée devant sa nouvelle poupée parce qu’elle lui ressemble, une autre petite fille dit aussi adorer sa poupée parce que “nous sommes pareilles”.

Notons que ces poupées noires ont de tout temps existé sur le continent, elles n’étaient juste pas commercialisées pour le grand public. Un internaute américain nous confie d’ailleurs: “J’ai des gènes d’un grand père noire esclave et dans notre famille depuis des générations nous avons reçu des poupées noires pour les filles et des poupons noirs pour les garçons afin que l’on n’oublie jamais d’où nous venons”.

Ainsi des initiatives existent pour que l’afrique se réapproprie ses symboles et son histoire. La prochaine étape serait peut-être un programme éducatif global par l’Afrique, pour les Africains?

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